Une touriste parisienne en visite à Paris

Quand on me demande d’où je viens, ma réponse est la suivante : ‘De Paris, mais j’ai voyagé toute ma vie’. Ça fait tout de suite très prétentieux et pourtant j’ai bien passé ma vie à voyager : mon père était dans l’Armée de Terre, les Troupes de Marine plus précisément. De l’âge de 2 ans à 3 ans, j’ai vécu en Côte d’Ivoire, de 6 à 8 ans en Guadeloupe, de 12 à 14 à Madagascar et de 17 à 18 ans au Gabon. Sans compter les voyages scolaires en Europe, Chine et États-Unis… Vous comprenez pourquoi je n’ai pas vraiment de ‘port d’attache’ et qu’il m’est difficile de répondre à la question ‘Tu viens d’où ?’.

Alors bien sûr, je pourrai répondre de l’Aisne, en Picardie mais ça fait tout de suite moins rêver. En fait, j’y ai vécu quasiment 10 ans entre nos voyages à l’étranger. Mes parents y sont désormais installés. Donc non, pas de l’Aisne. Paris. D’ailleurs, d’après mon certificat de naissance, je suis parisienne. Du XIVème arrondissement pour être exacte. Je suis née le 6 août 1990 à 13h32 à l’Hôpital International de l’Université de Paris, ce qui fait de moi une parisienne. Enfin, seulement pour les quelques heures que j’y ai passé. Bref, ça fait toujours bizarre d’affirmer être parisienne quand on ne se sent pas parisienne. À chaque fois que je vais « à la capitale » je la redécouvre. Comme le week end dernier avec Maria, une amie du New Jersey venue visiter la France.

J’ai rendez-vous avec Maria et sa famille à leur hôtel près de Montparnasse (dans le XIVème ! E.T. téléphone maison !) le lendemain de leur arrivée. Départ de Lyon à 7h05 (dur !), je retrouve Maria sur les coups de 10 heures. Sa famille décide d’assister à la messe du Sacré Coeur (en bons italiens du New Jersey, quoi…), je lui propose de faire une vraie visite de Paris, avec une vraie parisienne (vous voyez l’ironie ?). On commence avec St Germain-des-Prés, Les Deux Magots, avant de passer voir mon oncle qui tient une boutique rue Jacob. Il me conseille des croissants de chez Carton, rue de Buci. Maria adore : ça lui change des croissants tout secs, décongelés de chez Starbucks. Via des petites rues, notre visite nous amène vers la fontaine St Michel. J’explique à Maria que quand je monte à Paris, c’est surtout pour le Gibert Joseph d’à côté et ses vinyles qui m’ont aidé à agrémenter ma collection de 45 tours de Queen. Quelques mètres plus haut vers le carrefour, on aperçoit Notre-Dame. Maria est bluffée. Je lui propose de marcher le long de la Seine pour voir les bouquinistes. Elle me demande si je sais où se trouve le pont avec tous les cadenas, « comme dans les films ». Le Pont des Arts ne se trouve qu’à une centaine des mètres. Nous longeons la Seine vers l’Institut de France, Maria n’en revient pas. Au bout du Pont des Arts se trouve le Louvre (qu’elle m’a épelé Luv pour que je comprenne). On ne s’attarde pas trop : elle y retourne le lendemain avec sa famille pour aller voir Mona. On longe la Seine dans l’autre sens pour rejoindre Notre-Dame, comme dans Quasimodo. Il est midi, la messe du Sacré Coeur doit être finie, on décide de rejoindre sa famille à Montmartre, avec un détour par Pigalle, ses cabarets, le Moulin Rouge – un classique du cinéma pour les américains. On enchaine avec l’ascension de la butte et ses escaliers débouchants sur la Place du Tertre, bondée, comme d’habitude. On suit la rue jusqu’à la basilique. C’est la première fois qu’elle voit Paris de si haut, la Tour Eiffel au loin, les toits de la capitale. Maria a les yeux humides. On retrouve le reste de sa famille près des peintres avant de faire le tour du Sacré-Coeur. Avant de redescendre, on profite du soleil sur les marches, le temps est magnifique ici. À Lyon, il pleut. On redescend vers les Abbesses avant de s’enfiler une crêpe à la crème de marron (chestnut en anglais). Il est 17 heures, mon train part dans 2 heures et j’ai promis à Nicolas, un ami de Lille de boire un verre avec lui.

Retour à Lyon à 21 heures, les jambes en feu (parce que oui, la veille j’ai eu la bonne idée de faire 53 kilomètres en vélo…) après une journée touristique à Paname. Tu viens d’où déjà ? Paris.

Cette carte est interactive, promenez-vous !

Maria Cécile Paris
Maria et moi en visite à Paris

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