Cyclisme : sport individuel ou collectif ?

Le cyclisme, celui du Tour de France, est-il un sport collectif ou un sport individuel ? Les avis sont très partagés. Pour certains c’est un sport d’équipe, mais un sport d’équipe ne peut-il pas être à la fois un sport collectif et un sport individuel ? Qu’est-ce qui différencie un sport collectif d’un sport individuel si les sportifs courent tous ensemble ? Un coureur peut il arriver seul sur le podium sans le support de son équipe ?

À mon sens, le cyclisme est plus que jamais un sport collectif, voyons pourquoi.

Cyclisme : un sport individuel

Commençons par l’idée reçue la plus répandue : le cyclisme est un sport individuel et individualiste. Il se pratique seul, pour gagner seul, contre tous. Alors pourquoi le cyclisme est-il considéré comme un sport individuel ? Tout simplement car contrairement à un sport comme le foot, un cycliste est seul sur son vélo et l’effort est constant du début jusqu’à la fin de la course. Contrairement au foot où la défense peut se reposer pendant que les joueurs avant attaquent, l’effort des coureurs cyclistes ne s’arrêtent jamais.

Hormis le maillot jaune qui est le maillot décerné au coureur additionnant le meilleur temps au classement général, 3 autres maillots peuvent venir appuyer cette théorie du cyclisme « sport individuel » : le maillot à pois, le maillot vert et le maillot blanc. D’autres maillots existent bien évidemment, comme le maillot rose du Giro d’Italia, mais pour ce billet nous nous baserons sur les couleurs du Tour de France.
Le cyclisme un sport individuel donc car oui, l’effort pour décrocher ces maillots prestigieux se fait seul. Le maillot vert récompense le meilleur sprinter, le maillot à pois le meilleur grimpeur et le maillot blanc qui récompense le jeune de moins de 25 ans s’étant le plus démarqué au classement général.

Enfin : les points de bonus. Ces points bonus pour lesquels se bâtent les coureurs ne sont plus attribués au Tour de France mais bels et bien présents dans d’autres courses classiques, comme le Giro d’Italia. Ces points bonus permettent de gagner notamment quelques secondes au classement général.

Tejay van Garderen, Bradley Wiggins, Peter Sagan, Thomas Voeckler
Tour de France 2012 – Tejay van Garderen, Bradley Wiggins, Peter Sagan, Thomas Voeckler

Cyclisme : un sport collectif

De prime abord donc, le cyclisme semble être un sport individuel. Mais ces résultats seraient-ils atteignables sans le support et le travail de tout un groupe ? La réponse est non.

Chaque équipe est formée d’un leader, entouré de coéquipiers présents pour l’épauler. Ce leader est pré-destiné à être emmené jusqu’à la ligne d’arrivée et à gagner pour l’équipe. Pour reprendre les grands noms : chez Sky le leader est Christopher Froome, chez Tinkoff Saxo c’est Alberto Contador, et il y a quelques années c’était Lance Armstrong chez US Postal Service.
Beaucoup pensent que le 1er qui passe la ligne d’arrivée, celui qui pédale le plus vite est le gagnant. En fait, chaque équipe désigne un leader (d’où ces « grands noms » dont on entend tout le temps parler) et le rôle de l’équipe est de l’emmener jusqu’à la victoire. Cet esprit collectif permet donc de servir un coureur.

Cette victoire ne peut être atteinte sans une tactique organisée autour du leader. Ces schémas tactiques permettent notamment d’empêcher des échappées si le peloton est groupé, ou encore de lancer le sprint pour éviter au sprinter de l’équipe de fournir trop d’efforts en avance. Le vent forme aussi une barrière réduisant les capacités des coureurs, c’est pourquoi les cyclistes prennent le relais pour mener la course, ce qui permet de couper le vent et d’économiser 30 à 60% d’énergie pour ceux qui sont derrière le coureur de tête.
Il est aussi important de noter qu’un géant du cyclisme ne serait rien sans le travail de son équipe. Prenons comme exemple Alberto Contador qui a couru « seul » lors du Critérium du Dauphiné alors que ses « bons » coéquipiers courraient au même moment au Tour de Suisse. Contador est arrivé 2ème après Andrew Talansky, un jeune américain « moins » talentueux que ce ténor espagnol du cyclisme. Le Tour de France commençant quelques semaines plus tard, Alberto Contador entouré des meilleurs coureurs de son équipe devrait briller.

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Alberto Contador « sans » son équipe au Critérium du Dauphiné 2014

Cyclisme : un sport d’équipe

Sport collectif ou pas, le cyclisme c’est avant tout un sport d’équipe fait de profils très différents. Qu’ils soient sprinters, grimpeurs (pour les côtes et en montagne) ou rouleurs, les courses se gagnent grâce au travail de tout un groupe portant le même maillot.

Pour finir, une belle anecdote pour ceux qui doutent encore du cyclisme comme étant un sport collectif : certes, un seul coureur passe la ligne d’arrivée premier et un seul coureur monte sur le podium mais les primes sont partagées équitablement entre toute l’équipe, coureurs et mécaniciens. 450 000€ à la clé du Tour de France qui se partagent donc entre tous et qui ne finissent pas dans la poche du maillot jaune. Un plus non négligeable, surtout pour les petites équipes qui ne gagnent pas plus de 32 000€ par an.

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